Donald Trump et la démocratie : Une perspective sociologique à travers le prisme des élections de 2020

In essence, this article specifically challenges the concept of democracy, often invoked in social and political contexts. It is a sociological analysis of a question in which this principle should almost "ideally" emerge in the relevant social and political process, with Donald Trump as its central figure. More specifically, my reflection focuses on issues surrounding the application of democracy in the United States, particularly in light of recent global events. These events can be considered sociological conditions that have influenced all social structures worldwide. In other words, questioning the applicability of democracy and the scope of its legitimacy actually invites sociological reflection.

Bekkaj Rachid sociologue

Donald Trump et la démocratie : Une perspective sociologique à travers le prisme des élections de 2020

Bekkaj Rachid

Sociologue

Abstract

In essence, this article specifically challenges the concept of democracy, often invoked in social and political contexts. It is a sociological analysis of a question in which this principle should almost "ideally" emerge in the relevant social and political process, with Donald Trump as its central figure. More specifically, my reflection focuses on issues surrounding the application of democracy in the United States, particularly in light of recent global events. These events can be considered sociological conditions that have influenced all social structures worldwide. In other words, questioning the applicability of democracy and the scope of its legitimacy actually invites sociological reflection.

Résumé

En réalité, cette contribution remet en question de manière concrète le concept de démocratie, souvent invoqué dans les contextes sociaux et politiques. Il s’agit d'une analyse sociologique d'un enjeu où ce principe devrait apparaître presque de façon "idéale" dans un processus sociale et politique approprié, avec Donald Trump en position centrale. Plus précisément, ma réflexion se concentre sur des interrogations concernant l’application de la démocratie aux États-Unis, en particulier à la lumière des événements récents que le monde a traversés. Ces événements peuvent être considérés comme des conditions sociologiques qui ont affecté toutes les structures sociales à travers le globe. Autrement dit, s'interroger sur l'applicabilité de la démocratie et sur l'étendue de sa légitimité encourage en vérité la réflexion sociologique.

Texte

La problématique de la démocratie et de sa mise en pratique, demeure le débat essentiel pour la sociologie. Plusieurs sociologues ont déjà soulevé la question de l'applicabilité de la démocratie dans leurs discours. Le sujet donc n'est pas inédit, cependant, son lien avec élections présidentielles américaines des dernières années exige une analyse sociologique pour entamer la question de l'applicabilité de la démocratie ; C'est dans cette perspective que s'inscrit notre démarche, liée à cet événement politique qui influence l'histoire des élections et de la démocratie du point de vue pragmatique mondialement.

En effet, il est crucial d'aborder cet événement compte tenu de son importance et de son influence sur la démocratie en tant que meilleure option pour la répartition du pouvoir.

Dans ce sens nous sommes partis de deux éléments :

a) Pratiquement, les concepts qui se sont déjà formulés, s’ils sont constitués c’est pour qu’ils seront des outils d’analyse ou pour reconstruire un fait ou un phénomène naturel ou humain et admettre par la suite, d’une façon plus au moins dogmatique, les résultats obtenus comme absolus (2). Les théories ont pris leur temps pour se transformer, ou pour exister indépendamment des évènements et des contextes dans lesquelles sont nées. Or, les concepts ainsi que les théories sont le produit d’une période historique. C’est-à-dire par essence, ils peuvent toujours être remis en question (3). Ceci explique comment les chercheurs arrivent véritablement à les utiliser, à les adapter ou bien à les modeler en fonction des questions posées sur telle ou telle réalité.

En réalité, l'étude de l'histoire des concepts, tout comme celle des théories, nous aide à appréhender la réalité et à analyser son contexte, explicite ou sous-jacent, en lien avec des faits sociaux fréquemment surprenants, que nous désignons sous le nom d'événements. Nous allons examiner donc ce évènement, qu'il concerne une crise politique, comme illustration, que nous mettrons en évidence par la suite. Cela nous donnera aussi la possibilité d'examiner les multiples aspects de cette crise (4).

b) Cet événement se distingue par des variations rapides qui influencent de manière significative la vie politique, économique et sociale actuelle et, sans aucun doute, celle de demain. Cela suggère qu'il s'agit d'un moment de transition ou de rupture avec le passé. Par conséquent, des questions surgissent de manière instinctive en réaction à ce qui se passe ou s'est déjà passé pendant et après notre observation :

1) Est-il possible que la démocratie ait une signification différente suite à ces événements ?

2) Est-il envisageable que ces faits aient diminué la foi en la démocratie comme mécanisme politique garantissant la stabilité sociale ?

3) Peut-on, dans un esprit optimiste, réellement évoquer la libéralisation de la démocratie pour qu'elle devienne véritablement une évidence pour les partisans de la démocratie ?

4) Qui, en effet, manie les rênes de la pratique démocratique pour que nous puissions la mettre en œuvre telle que nous l'imaginons ?

Ces interrogations nous conduiront sûrement à questionner l'obligation et la capacité d'impliquer le chercheur dans le travail nécessaire pour aborder la réalité engendrée (qui est celle de la perturbation dans la perception de ce qu'on appelle démocratie).

Selon le dictionnaire le terme démocratie, du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, combinaison de δῆμος / dêmos, « territoire » (de daiesthai, « partager ») puis « peuple » (en tant qu'ensemble de tous les citoyens de la cité), et kratein (« commander »), désigne à l'origine un régime politique dans lequel tous les citoyens participent aux décisions politiques au moins par le vote.

L'évolution de la définition de ce concept a été influencée par les différentes phases de l'histoire et selon chaque régime politique. Il désigne aujourd'hui tout système politique dans lequel le peuple est souverain. Par extension, la démocratie peut aussi qualifier une forme de société, la manière de se gouverner qu'adopte une organisation ou encore un système de valeurs.

Une raison de plus qui incite le sociologue aujourd'hui à examiner l'applicabilité de la démocratie à différentes régimes politiques et divers strates et catégories sociales.

Dans le cadre de notre étude du sujet, deux aspects se démarquent :

Le premier est scientifique :

Le chercheur s'emploie sans cesse à l'analyse et à la remise en cause des idées. Cela soutient de façon considérable le développement de ses initiatives scientifiques dans un cadre d'objectivité et d'impartialité (5).

Dans ce contexte, la question de la réalité de la démocratie est soulevée, tant en tant que processus social qu'en tant que concept présentant des relations procédurales avec d'autres notions que nous étudierons plus tard.

Le deuxième est politique :

Dans toute procédure électorale, l'examen scientifique nous autorise à mettre en évidence divers processus et variétés au sein de la société (6).

Cette procédure met en évidence la composition des structures sociales, les variations des processus influençant la fragmentation des sociétés, les disparités entre strates sociales, les conflits politiques, les crises socio-économiques, entre autres.

Cela suggère que les événements actuels dans le monde et dans l'histoire humaine remettent en question certaines certitudes fondamentales.

- Les élections présidentielles des Etats Unis

Pour ce qui est de l'élection présidentielle américaine (élément direct) qui s'est tenue le 3 novembre 2020, on observe les réactions qu'elle a provoquées chez Trump, président sortant, et chez ses partisans. Cela a donné lieu à une crise considérée comme importante, qui attire indéniablement l'attention du sociologue. Puisque la crise donne aux chercheurs et chercheuses l'occasion de perfectionner leurs analyses, d'affiner leurs réflexions et d'approfondir encore plus leurs investigations.

La première observation à faire est que l'élection présidentielle américaine de 2020 a enregistré une participation sans précédent. Plus de 93 millions de citoyens américains ont déjà recours au vote par correspondance ou anticipé dans un bureau dédié à cet usage, comparativement à 47 millions en 2016. Une première aux États-Unis.

La deuxième observation est le rejet des résultats de ces élections par Trump, élu président par le même procédé. Pour comprendre ce qui s’est passé à l’Etat Unis, il faut prendre en considération les deux contextes :

- Contexte général

Mentalité de Trump et de ses partisans ?

Pour comprendre et analyser les réactions de Trump et sa vision politique, il est également important de faire un retour à l’histoire de la mentalité qui s’est forgée aux Etats Unis à travers son histoire aux XVIII et XIX siècle.

L’États-Unis (/e.ta.z‿y.ni/), en forme longue les États-Unis d'Amérique, également appelés informellement les USA ou moins exactement l’Amérique (En anglais : United States, United States of America, US, USA, America), sont un pays transcontinental dont la majorité du territoire se situe en Amérique du Nord. Les États-Unis ont la structure politique d'une république constitutionnelle et d'un État fédéral à régime présidentiel, composé de cinquante États.

Les États-Unis sont une nation à gouvernement présidentiel. La République, la démocratie et le fédéralisme constituent les fondements du système politique américain. Il est établi par la Constitution des États-Unis de 1787 et ses 27 modifications.

Il faut rappeler que la société américaine d’aujourd’hui n’obtient plus les rapports de production industrielle comme dans le passé, aussi comme le décide la loi de l’évolution les moyens de production ont changé.

Deux éléments à retenir dans ce sens :

- L’absence d’un passé féodal

Il existe tout un discours qui met en avant l'absence du féodalisme dans l'histoire de la société américaine, en disant qu'il est bien ce qui caractérise ce pays. Car il justifie sa réalité historique et sociale qui est différente de celle de la société européenne avant le XIX e siècle.

Il faut rappeler que la société américaine d’aujourd’hui n’obtient plus les rapports de production industrielle comme dans le passé, aussi comme le décide la loi de l’évolution les moyens de production ont changé.

- L’absence à peu près totale du sens des hiérarchies.

Parmi les explications bien retenues dans ce qui concerne l'empêchement d'une hiérarchie sociale, c'est justement la bande de territoire en cours de défrichement qui s'est manifesté à un moment donné de l'histoire de ce pays. On ne doit pas oublier que la société américaine est une société d'émigration (7).

Il était impossible de maintenir la fiction de l’infériorité innée de l’ouvrier alors que celui-ci pouvait du jour au lendemain accéder au statut de maître. Donc la frontière contribuait à la formation de la mentalité américaine par l’exemple de ses propres mœurs égalitaires. Tous les hommes sont égaux devant le désert ou la forêt vierge.

- La transmission de l’égalité de richesse à l’égalité des chances :

Les conditions d'après-guerre renvoient aux succès d'un individu grâce à ses compétences plutôt qu’à son héritage, à ses liens familiaux ou tout autre privilège. Le lendemain de la guerre civile qu’a connu l’Etats-Unis a eu un impact profond sur l’égalité des conditions. Un nouveau contexte plus complexe pour atteindre une position éminente en finance, en politique ou tout autre domaine. Un trait dominant de l’Etats-Unis à cette époque.

L’analyse sociologique montre que le changement et la consolidation de quelques fortunes et le concept de « rêve américain » et de « self-made-man » qui sont inextricablement liés, continuent à exister et à faire partie de l'histoire et de la vie sociale américained’aujourd’hui. Ce qui laisse entendre, même chez les citoyens américains, la possibilité d’être « self-made-man » qui signifie « un homme qui s'est fait lui-même » ; c’est-à-dire de faire fortune aujourd’hui alors qu’il n’est plus vraiment facile comme il y a un siècle (9).

L’analyse sociologique montre quel’uniformatisation des mœurs est un facteur important dans la socialisation des Américains.Le rythme de transformation économique à l’Etats-Unisn’a pas changé la représentation sociale des Américains vis-à-vis de leur conscience sociale. Au contraire, ils continuaient à se considérer comme appartenant aux classes moyennes.

L’idée de conscience de classe n’existe pas à l’Etats-Unis, ce que les sociologues considèrent comme un facteur majeur qui entrave la formation d’une classe dirigeante aux sens stricts du terme. Ce qui explique l'échoue de certains sociologues de tirer une définition de classe sociale susceptible d’être appliquée aux réalités des Américains

- Contexte particulier

Mais la question c’est qui Trump ?

Il est indéniable que compte tenu de l'importance des événements qui façonnent la dynamique de remise en question de la démocratie aux États-Unis, l'analyse scientifique soulève la problématique liée à l'état d'esprit ayant modelé ce système. Il est impératif que chaque réponse délivrée par ce système intègre obligatoirement cette question essentielle relative à l'état d'esprit.

L'étude sociologique individuelle de Trump peut sans aucun doute nous éclairer sur la question, tout comme elle peut également nous permettre de mieux saisir l'essence de ce personnage., "pour le sociologue de saisir le singulier, l’individuel ou le particulier, ont peu à peu renforcé l’évidence selon laquelle « le social, c’est le collectif » et, du même coup, la méfiance à l’égard de tout « retour à l’individu. "(10)

Donald Trump.

Donald Trump naît en 1946 dans le Queens, à New York. Il est le quatrième d'une famille de cinq enfants. Fils d'immigrés allemands, son père Fred est un riche promoteur immobilier. Sa mère Mary vient d'Écosse. Agité et indiscipliné, le jeune Donald est envoyé dans un internat militaire avant d'intégrer une école de commerce à l'université de Pennsylvanie en 1968. Il travaille ensuite pour son père. "Rien n'a été facile pour moi. J'ai commencé à Brooklyn, mon père m'a fait un petit prêt d'un million de dollars", a-t-il dit lors d'une émission sur NBC en octobre. "Je me suis lancé à Manhattan, et j'ai dû le rembourser avec intérêts".

Il s'est marié trois fois : deux mannequins, une actrice. Il a cinq enfants, dix petits-enfants.

Engagé en politique à partir des années 1980, il devient de façon inattendue le candidat du Parti républicain à l'issue des primaires américains de 2016. Il est élu président des États-Unis le 8 novembre 2016, face à la démocrate Hillary Clinton. En 2020, il est candidat à sa propre succession.

Dimensions sociopolitique du refus

La façon comment Trumpa utilisé son pouvoir pour refuser de reconnaître le résultat d'élection et la victoire deson rival démocrate Joe Biden a une grande signification sur le plan politique et sociologique. On doit signaler que c’est sur le thème du rêve américain que s’était fait élire Donald Trump en 2016, prétendant raviver la flamme, le « rêve », et restaurer la grandeur de l’Amérique. Pour Trump L’Amérique est en déclin (11).

Donc il est possible également qu’il s’agisse d’une continuité de sa démarche depuis qu’il est à la tête du pouvoir des EU, une démarche fondée sur la théorie de la rupture possible (12).

On peut prétendre qu’il s’agit effectivement d’une annonce d’une crise dans le système politique américain. Trump mentionnait déjà dans ces discours la remise en question du système politique américain. Pour lui, il existe bien des facteurs de déstabilisation de régime politique (13).

Effectivement, Trump refuse de reconnaître la victoire de Biden et affirme qu'il y a eu des irrégularités lors des élections, sans toutefois fournir la moindre preuve. Il est important de noter que Trump a commencé à émettre des critiques sur le processus électoral plusieurs mois avant le jour du scrutin. Il remet en question le système de vote aux États-Unis, alors qu'il a lui-même été élu président de cette grande nation en utilisant ce même système.

À l'élection présidentielle de 2016, le républicain Donald Trump est vainqueur avec une surprise qui dépasse la plupart des attentes. Afin de dépasser sa principale rivale, la démocrate Hillary Clinton, il a mené une campagne controversée et hors-système, qualifiée par certains de populiste, avec de nombreuses déclarations controversées. Il avait en particulier suggéré la construction d'un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour empêcher l'immigration clandestine, ainsi que la renégociation de certains accords de libre-échange internationaux, tels que l'ALENA. Grâce à ces positions, il a pu récupérer non seulement des États pivots classiques, tels que l'Ohio et la Floride, mais aussi des territoires traditionnellement acquis aux démocrates, tels que la Pennsylvanie, ou encore les États du Midwest, tels que le Wisconsin et le Michigan.

Dans ce contexte, les États-Unis et la démocratie américaine ont traversé une journée très sombre. Le mercredi 6 janvier est gravé dans la mémoire des Américains et de nombreux autres à travers le monde. Les partisans de Donald Trump ont envahi le Congrès américain de manière spectaculaire, provoquant moments de chaos et de destruction en plein cœur des institutions. Au cours de ces événements, quatre personnes ont perdu la vie, dont trois dans des circonstances encore floues.

Une telle conjoncture politique dans l'histoire mondiale ne peut qu'éveiller un intérêt pour la sociologie. Cela représente un rapport de force qui a mis à l'épreuve les structures sociopolitiques. Les États-Unis - qui se présentent en tant que défenseurs de la démocratie - ont connu, en quelques semaines, une situation politique chaotique. Cela conduit à penser que la démocratie est affectée par ces événements historiques.

Il est vrai qu'au cours de ces épisodes et par la suite, Trump et son équipe n'ont toujours pas fourni de preuves de fraude, mais une analyse sociologique prend en compte le fait que Trump, qui a connu le succès lors des mêmes élections, conteste ce processus électoral en le qualifiant d'inauthentique. Lénine soutient que pour comprendre les règles du jeu, il faut y participer. Trump a joué ce jeu, a assimilé ses règles et a établi un contact direct avec le système qui le régit. Ainsi, son refus de reconnaître les résultats demeure valable même s'il n'a présenté aucune preuve, car il est lui-même une forme de preuve.

Ce qui distingue l’édition 2020 des « élections », c’est la dissimulation et l’absence de démocratie : cela pourrait expliquer la réaction de Biden, qui a traité le comportement de Trump de « honteux » et de « traître ». En revanche, Joe Biden a affirmé, en utilisant ses propres mots, « il est temps de se lever et de restaurer notre démocratie ».

La question se pose de savoir quelle démocratie Biden évoque et quelle trahison il impute à Trump.

Il est évident qu’en raison de l’importance des événements qui influencent la remise en question de la démocratie aux États-Unis, l’analyse scientifique soulève la problématique de la mentalité qui a façonné ce système. Toute réponse portant sur ce système doit nécessairement passer par cette interrogation essentielle concernant la mentalité (14).

À cet égard, le système politique n’est pas aussi clair qu’on le pense, car les données sociologiques révèlent que cette apparence masque une réalité complexe, contrairement aux idées reçues. Pour quiconque souhaite saisir cette vérité, il doit adopter une perspective qui se connecte directement aux aspects cachés des sociétés contemporaines. Ou ce qu’on désigne comme la société discrète. Cette perspective est donc essentielle pour analyser et appréhender ce que la démocratie représente au sein du système politique et pour l'élite dirigeante américaine.

Une comparaison avec l’Europe suffit à éclairer ce qui se déroule actuellement aux États-Unis dans toute sa spécificité politique et sociale. Au regard de son influence, la réaction de Trump et ses répercussions peuvent être considérées comme un élément fondamental de socialisation politique, permettant à chacun de devenir un homopoliticus et d’agir socialement sans être conscient du processus d’incorporation ou de la nature sociale du refus de voter (15).

En ce sens, l’inconscient collectif électoral résulte de la faculté de chacun à incorporer inconsciemment et à synthétiser dans l’action un ensemble de normes politiques. La sociologie aurait également vocation à s’intéresser à l’intériorisation de celle-ci, suite notamment au phénomène de socialisation (16).

C’est pourquoi, à mon avis, cet élément, qui est l’inconscient collectif électoral, doit être mis en discussion sur le plan scientifique. De là, l’inconscient collectif dans son contexte actuel redevient l’affaire politique qui intéresse le sociologue.

Bibliographie

1) G. Friedmann, la puissance et la sagesse, Paris, Gallimard, 1970, P 23

2) F. Simiand, Méthode historique et science sociale, in « Revue de synthèse historique », Vl, 1903, pp. 1-22

3) Marion Vorms, Qu’est-ce qu’une théorie scientifique ? Dans Histoire et philosophie des sciences (2013), pages 170 à 180

4) Raymond Boudon, Notes sur la notion de théorie dans les sciences sociales, Archives Européennes de Sociologie, Vol. 11, No. 2, La foi et les mœurs or Faith and Morals (1970), pp. 201-251

5) Giovanni Busino, L'objectivité dans les sciences humaines, Dans La sociologie sens dessus dessous, Collection : Travaux de Sciences Sociales, Éditeur : Librairie Droz (1992), pages 259 à 265

6) Rachid Bekkaj, Dix questions sociologiques au Maroc contemporain, Ed Somagram, Casablanca, 2010, p81

7) Serge Courville, Immigration, colonisation, et propagande : du rêve américain au rêve colonial. Éditions MultiMondes, 2002, p35

8) https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1957_num_7_1_392411

9) https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1957_num_7_1_392411

10) Bernard Lahire,Individu et sociologie,Dans Dans les plis singuliers du social (2013), pages 59 à 114

11) LauricHenneton, La Fin du rêve américain?, édition Broché, Paris, 2017, p 44

12) Sihem Ben Mahmoud Jouini, Philippe Silberzahn, Clayton M. Christensen. Les innovations de rupture : défis et principes de management, Dans Les Grands Auteurs en Management de l'innovation et de la créativité (2016), pages 283 à 296

13) Robert Boyer, Une théorie des crises, Dans Théorie de la régulation (2004), pages 75 à 103

14) Michèle Lamont, Une sociologue passe la mentalité des Américains et des Français à la loupe, https://france-amerique.com/une-sociologue-passe-la-mentalite-des-americains-et-des-francais-a-la-loupe/, / Mars 29, 2011

15) Merle Pierre. L'homo politicus est-il un homo œconomicus ? L'analyse économique du choix politique : approche critique. In: Revue française de science politique, 40ᵉ année, n°1, 1990. pp. 64-80

16) Durkheim, Les Règles de la méthode sociologique, Presses universitaires de France, coll. Quadrige. 1895, PP 3‑4